Partie 1 d'un article paru ce 28/09/2020 dans les colonnes du Républicain Lorrain. (Voir suite ci-dessous)

Partie d'un article paru ce 28/09/2020 dans les colonnes du Républicain Lorrain. Nos remerciements à Cécile ROUX journaliste.

A Niederstinzel (57) la nature demeure l'une des préoccupations majeures de la famille Anthony. Le père, Anthony et ses deux filles Jade et Ambre font d'ailleurs partie intégrante des Rangers de France du Grand Est, association tournée en direction de la protection et la sauvegarde de tout ce qui touche à la nature. C'est donc presque tout naturellement que samedi 5 septembre, le trio accompagné de deux bénévoles s'est donné comme mission le nettoyage d'un secteur pollué relevé quelques jours plus tôt. Cette initiative -fort louable- à donc permis à ces défenseurs de l'environnement de ramasser toute une somme de déchets jonchants les alentours de leur commune. Papiers, plastiques divers et verre une fois collectés ont été répartis dans les bennes dédiées au tri sélectif. Coup de chapeau à cette "bande des 5" dont le travail de ce jour là à largement contribué au maintien de la salubrité du lieu.

Les Rangers à Belleau (54)

C'est à l'occasion de la commémoration de l'armistice que s'est déroulée l'inauguration officielle de l'hôpital de campagne de 1914 situé sur le plateau du Buzion (54)

A propos de la forêt de Haye

Reportage France 3 sur la forêt de Haye désormais protégée..

Un Ranger sur les chemins

Publié le 1 décembre 2017 par Jean-Louis Schmitt

Laurent Anthony fait partie des Rangers de France. La fédération est peu connue et n’a pas toujours eu une bonne image, mais le bénévole s’escrime à prouver son utilité. Il a entrepris de développer le mouvement en Alsace Bossue.

Le pont de l’Isch est souvent visité par Laurent Anthony. Photo : DNA - Marie Gerhardy

Rangers, le mot véhicule un imaginaire très typé, presque caricatural. On imagine aussitôt les soldats gros bras et gros sabots de l’armée américaine. Pourtant, une fédération de Rangers existe en France depuis 1972, plutôt inspirée des Rangers canadiens, sortes de sentinelles des régions reculées où l’armée est peu présente. Laurent Anthony compte bien la déployer en Alsace Bossue.

Blouson noir et casquette bleue estampillés « Rangers », l’homme de 47 ans s’installe tous les jours au volant de la « hérisson-mobile », sa camionnette blanche où trônent des peluches et des autocollants à l’effigie du petit animal piquant, sa mascotte. Il s’élance sur les chemins ruraux entre Sarre-Union, Diemeringen, Wolfskirchen ou encore Diedendorf.

« Si être Ranger est un état d’esprit, je crois que j’ai toujours été Ranger »

« Cela fait deux ans que je me suis engagé. J’ai découvert cette fédération en effectuant du bénévolat à la SPA de Sarrebourg. Son directeur est Ranger pour la Moselle, il m’a fait rencontrer le président bas-rhinois. La philosophie de ce mouvement m’a tout de suite plu. Si être Ranger est un état d’esprit, je crois que j’ai toujours été Ranger. »

Les Rangers se sont donnés pour mission de veiller sur la nature. Ils effectuent bénévolement des rondes en rase campagne, à la recherche de décharges sauvages ou de tous facteurs de risques pour la faune, la flore, et les humains. Mais à la différence des pratiques outre-Atlantique, en France ils n’ont pas de pouvoir de police.

« Dans les années 1980, les Rangers étaient environ 1 000. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 250, et les équipes sont vieillissantes. Dans le Bas-Rhin, il reste une quinzaine de Rangers, et il y a de moins en moins de gardes champêtres. La nature manque de gens pour veiller sur elle, elle a besoin d’un coup de pouce. J’ai voulu donner de ma personne. »

Son engagement pour l’environnement ne date pas d’hier. Correspondant du Gorna depuis 20 ans, formé aux soins animaliers au parc de Sainte-Croix, Laurent a hérité de l’amour pour la nature de son père. « Je suis originaire de Diemeringen, alors je tenais à être affilié aux Rangers 67, même si j’habite aujourd’hui à Niederstinzel. Et puis ici, nous avons une nature remarquable, des orchidées rares notamment. »

Tout en parlant, Laurent arrête la hérisson-mobile en contrebas du pont de l’Isch. « Les jeunes font la fête ici, donc on retrouve souvent des bouteilles vides, des joints ou même des seringues. Regardez, ici il y a des piles abandonnées. Ça me rend fou furieux ! Je ramasse les ordures que je vois, je les mets dans mes poubelles. Ce n’est pas mon rôle, mais tant pis. »

« Mais pourquoi ne vont-ils pas jusqu’à la déchetterie juste à côté ? » s’énerve Laurent Anthony. Photo : DNA - Marie Gerhardy

Plus loin, le Rangers hésite à s’engager dans une impasse. « Il y a ici un particulier qui a un cimetière de voitures dans son jardin. L’une d’elle perd de l’huile. J’attends encore un peu mais je ne vais pas tarder à le signaler au maire. On ne fait pas ce qu’on veut, même sur un terrain privé. Il ne sera pas content, mais tant pis, la nature passe avant. »

L’action de Laurent n’est pas toujours comprise, et il avoue s’être déjà fait insulter. « Les Rangers ont mauvaise presse. Nous sommes souvent associés à l’extrême droite, voire aux skinheads. Ailleurs en France, certains ont joué aux flics, ont effectué des missions de surveillance et se sont même fait payer pour. Je veux redorer notre image. »

Les domaines d’intervention du Rangers sont nombreux, ce qui contribue à brouiller les pistes aux yeux du grand public. En plus d’être au chevet de la nature, il n’hésite pas à répondre présent pour rechercher des personnes disparues, comme l’été dernier à Sarre-Union, ou encore à prendre l’initiative de vérifier si les habitations vides ne sont pas vandalisées.

« Je suis un peu l’ange gardien des propriétaires, et ils ne le savent même pas ! »

Plus loin, des chalets isolés bordent justement la route. Laurent s’arrête, alerté par des traces de pneus fraîches. « C’est la période des cambriolages. J’étais dans la sécurité avant, c’est une déformation professionnelle, j’aime m’assurer que tout va bien. Je suis un peu l’ange gardien des propriétaires, et ils ne le savent même pas ! » explique-t-il en remontant dans la camionnette.

Le Rangers tient tout de même à marquer ses propres limites : « Je peux informer les gens, leur signaler que ce qu’ils font nuit à la nature. Je peux aussi faire remonter mes constatations aux communes et aux autorités, et me mettre à leur disposition. Mais je ne joue pas au cow-boy, je ne me substitue pas à elles, je veux juste les aider. Les gendarmes ne peuvent pas être partout. »

La carte et la plaque en imposent. Photo : DNA - Marie Gerhardy

Pourtant, il admet avoir déjà produit son petit effet en sortant sa plaque de Ranger. La tenue aussi en impose. « Nous avons les chemises bleues, la polaire verte et la vareuse rouge quand nous sommes en représentation. Mais moi je préfère le terrain. Finalement, je fais les mêmes balades nature en famille qu’avant, mais tout en nous faisant connaître, car les gens posent des questions. »

Développer et faire connaître le mouvement est son cheval de bataille. Il a déjà convaincu son fils de 18 ans et un couple d’amis d’Obermodern de rejoindre les Rangers. « Le bénévolat fait peur, et certains maires n’ont que faire de nos actions. Je voudrais qu’ils sachent que nous sommes à leur disposition, que nous existons. Mais c’est vrai que la hérisson-mobile commence à être connue ! »

La patrouille touche à sa fin, et Laurent se réjouit de ne pas avoir fait de trop mauvaises découvertes. Soudain, près de Sarrewerden, il aperçoit un sac bleu dans le fossé. À l’intérieur, des paquets de viande encore emballée en décomposition. « Je ramasse ça tout de suite, elle pourrait être volontairement empoisonnée. Finalement, parfois j’aimerais avoir des pouvoirs de répression… »

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